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Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes...

 
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Julien Drogué


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Messages: 66

MessagePosté le: Mar 9 Sep - 14:20 (2008)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes... Répondre en citant

Shopping Sentimental


C'est l'été. Le soleil effleure ma peau de sa tendre langue de feu sur le chemin de la supérette; je m'abandonne doucement à son étreinte lascive, bercé par les mélopées épiques de Muse qui me soufflent de doux songes romantiques. C'est vrai que la solitude me va mal. Dépassé par un couple d'amoureux je manque de me noyer dans d'amers sanglots. Le néon vert du 8-à-huit me ramène à la terrible réalité : que vais-je manger ce soir, seul ? Dévoré par l'angoisse, je pénètre à l'intérieur et je me saisis d'un panier en métal froid, qui me rappelle, une fois de plus, ma triste condition. Happant un sachet de chips saveur poulet au débotté, je me dirige d'un pas lourd de sous-entendus vers le fond du magasin. Autour de moi, d'heureuses familles poussant d'énormes chariots garnis me narguent de leur bonheur ostentatoire. Je manque d'air, prisonnier au milieu de ces paquets de pain de mie hors de prix. L'oxygène me fait réellement défaut, je me surprends à hyper-ventiler devant un paquet d'essuie-tout. Tandis que j'extrais un pack d'eau minérale Nestlé Aquarelle , quelle n'est pas ma surprise de voir se détacher le visage hébété d'un jeune Apollon roux. Nous restons pétrifiés, nos yeux noyés dans un doux ressac de tendresse et de mélancolie. Frappés de stupeur, je ne peux nier l'alchimie qui vient d'éclore, sous la lumière glauque du rayon boissons. Ni lui ni moi n'osons esquisser un geste de peur de briser ce moment de magie inavouable. Mon appel aurait-il été entendu ? Mon doux prince va-t-il m'échapper ? Finalement, il me sourit et mon coeur cède face a l'afflux de sentiments contradictoires que m'évoque ce spectacle céleste. Dans mes oreilles, la musique grandiloquente de Muse s'est éteinte pour ne laisser place qu'aux battements éperdus de mon pouls affolé, un sang nouveau et chaud reflue jusque dans mes tempes me procurant une migraine que l'aspirine ne saurait arrêter. Soudain, je reviens à moi. Il a disparu. Ma poitrine se serre. Interloqué, je le cherche quelques secondes du regard, en vain. C'est au moment où je fais mon deuil de cette passion déjà avortée en détaillant l'étiquette d'un tube de dentifrice qu'une douce main parfumée se pose sur mon épaule dénudée par mon débardeur Von Dutch.

- Tu as de si belles dents, pourquoi te les brosses-tu encore? me lance-t-il, sarcastique.

Je reste interdis. Il est si beau qu'il pourrait sans mal être pompier voire rugbyman. Le galbe insolent de ses pommettes n'a d'égal que l'ourlet de ses lèvres pulpeuses et délicatement charnues. Pris de court par sa question, je me vois ricaner bêtement et réalise que ma main s'est déjà fermée sur la sienne. Côte à côte, nous traversons la supérette dans un silence de plomb, incapables de verbaliser l'extrême violence de nos émotions balbutiantes mais prégnantes. Je l'observe du coin de l'oeil, détaillant de façon impudique son débardeur blanc anonyme qui dévoile sans détours un petit corps pour le moins osseux mais néanmoins désirable. J'aime ses chaussures. Et ces cheveux ! Sa crinière irisée se perd entre le blond vénitien et le blond cendré, déclinant une myriade de nuances dorées laissant présager une sensibilité à fleur de peau. J'en ai la preuve quelques instants plus tard quand précipitamment, mon adorable compagnon tend un billet à l'hôtesse de caisse en me glissant un regard à la fois complice et chafouin. Jamais auparavant ne m'étais-je senti à ce point pris en charge. Gêné par tant de galanterie spontanée, je fonds sur mes sacs plastiques afin d'éviter qu'il ne vole à mon secours une fois de plus. Je le gratifie de mon plus beau sourire en coin avant de lui tendre piteusement une boîte de gommes à mâcher en guise de remerciement.

- Ne nous sommes-nous jamais croisés sur la Toile?

Cette fois-ci, c'est lui qui ne répond pas, se contentant de relever un sourcil interrogateur qui m'encourage à aller plus loin:

- Tu es sûr que tu n'as pas un compte Meetic ou d'autres accointances au travers des salles de discussion de l'Internet?

- Tu habites loin? me coupe-t-il en balayant ma question d'un revers de mèche bien senti ajoutant au mystère de son aura enivrante.

- A deux pas, nous y serons dans un souffle, lui réponds-je en espérant secrètement que ma verve poétique et mon sens de l'hospitalité flatte son émotivité. Nous arrivons sur le seuil de ma porte, comme téléportés, il m'enlace déjà. Les lèvres sèches, je tente de lui murmurer d'attendre un peu, émerveillé par sa fougue adolescente. Sa peau frémit de milles promesses incandescentes et interdites.

- Je m'appelle Julien, me déclare-t-il, anticipant ma question. Personne n'aurait pu nier la compatibilité de nos ames.

- Echappons à la banalité d'un lit, surrencherit-il en m'attirant vers la cage d'escalier et la cave attenante.

Je le suis en ne pipant mot, il semble savoir d'instinct ou se trouve le sous-sol, peut-etre que tout cela était prédestiné. Nous avons oublié les courses devant mon appartement. Mais tout cela n'a déjà plus d'importance, je me laisse choir sur cette embarcation pécheresse qui nous fait dériver au creux des eaux tumultueuses du désir. Sa puissance désamorce mes propres pulsions, je m'en remets à lui. Julien pose ses mains sur mes hanches et électrisé par cet empressement, je fourrage sans ménagement dans sa crinière fauve. Je mordille son nez aquilin mais il semble se jouer de mes subtils stimuli.

- Je te préviens, je vais t'enculer jusqu'à ce que tu débordes, me susurre-t-il suavement. Son humour noir me fait pouffer, mais rapidement je réalise qu'il ne plaisante pas.

En un éclair, nous nous lovons l'un dans l'autre, mus par nos tendres émois. Je me sens liquide. Mon coeur ploie sous l'intensité de l'assaut. Tendu comme un arc, je réalise que ses conquêtes faciles n'ont en rien émoussé sa sensualité animale et que nos corps, joueurs, ne font plus qu'un pour les siècles des siècles. Je réprime un râle de plaisir et m'exclame: "Je vibre, c'est totalement tantrique, ne t'arrête plus jamais." Enivré par les vapeurs de sa sueur, ma tête se heurte aux murs moussus de ce temple païen et à cette évocation ma joie explose en un bouquet de fleurs du mal fraîchement coupées. C'est fini. Il me baigne à présent d'une tendresse infinie. Je repousse une peau morte sur son front et j'ai l'impression de toucher de la poussière d'étoiles. Sa peau parcheminée contre ma peau d'ébène, je me sens un peu plus moi qu'à l'accoutumée. Il me fait revenir à feu doux dans un chaudron d'amour. Je sombre dans la complétude et dans ses yeux d'une profondeur abyssale. Mon coeur tambourine, je me serre contre lui. Il me demande enfin mon prénom je le murmure à sa minuscule oreille, il me semble si frêle.


- Je t'aime, Xavier, me glisse-t-il soudain, sans l'ombre d'un doute.
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MessagePosté le: Mar 9 Sep - 14:20 (2008)    Sujet du message: Publicité

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mojitogirl
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MessagePosté le: Mar 9 Sep - 18:14 (2008)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes... Répondre en citant

le père castor est admirable ! surtout marlaguette et la plus belle des petits souris ! un chef-d'œuvre !
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Julien Drogué


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MessagePosté le: Mer 10 Sep - 12:51 (2008)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes... Répondre en citant

Quoi qui est Marlaguette? Et le père Castor? Tu perds la tête mojito
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mojitogirl
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MessagePosté le: Mer 10 Sep - 15:02 (2008)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes... Répondre en citant

Mr. Green même pas peur...

si t'es sage, je te raconterai.
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Julien Drogué


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Messages: 66

MessagePosté le: Mer 10 Sep - 15:11 (2008)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes... Répondre en citant

Je n'ai plus aucun espoir.

ok c'est mort on ne le saura jamais
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Megahertz


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MessagePosté le: Ven 19 Sep - 19:27 (2008)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes... Répondre en citant

C'est du vécu ? Laughing
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:13 (2016)    Sujet du message: Fantaisies, Fantasmes & Autres Anachronismes...

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