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M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008

 
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Droo
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MessagePosté le: Lun 28 Juil - 10:26 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

Live report du 04/07/08 :

Julien Doré

Orléans (L’Astrolabe), Mardi 1er juillet 2008

Effet "Nouvelle Star" oblige, les deux concerts estivaux de Julien Doré, avant une tournée automnale, ont focalisé l’attention de nombreux médias. Mais derrière cette agitation, ceux qui ont pu assister à l’une de ces prestations ont surtout eu droit à un très bon moment musical. Compte-rendu du premier de ces concerts, à L’Astrolabe d’Orléans.


par Gilles Ferté

C’est peu dire que le premier concert de Julien Doré était attendu. Les 600 places de l’Astrolabe se sont écoulées en moins de deux jours, certes pas aussi rapidement que celles du Café de la Danse le lendemain, mais pour la cité de Jeanne D’Arc, c’est inédit. Première interrogation qui nous saisit : à quoi ressemble le public d’un concert de Julien Doré ? Fans de la Nouvelle Star, ou habitués de la salle venus voir quelqu’un dont les références leur parlent ?

Si on pouvait craindre que les premiers soient ultra-majoritaires, il faut avouer qu’heureusement la tendance est bien moins écrasante que prévu - même si, malgré la chaleur suffocante de ce premier juillet, on a pu voir, comme pour un passage de la "Star Academy" au Zénith local, de très jeunes filles devant la salle dès le milieu de l’après-midi. On peut alors passer à la question suivante : à quoi ressemble un concert de Julien Doré ? D’un côté l’intéressé affirmait que pour lui la scène est synonyme de spectacle total avec costumes et même cracheurs de feu ; de l’autre le même, dans une interview qu’il nous a accordé deux heures avant sa prestation, prétend que ce sera un "showcase" et que lui et ses musiciens n’ont pas suffisamment travaillé pour faire un "concert". Quel Julien Doré croire ? Aucun des deux, en fait.

Pas d’artifice spectaculaire - juste la surprise de voir Morgane Imbeaud (Cocoon) accompagner Julien Doré au chant sur une bonne demi-douzaine de morceaux ; et un véritable concert avec un groupe parfaitement en place - où on distingue notamment Arman Meliès, impeccable à la guitare. De fait la véritable surprise est peut-être l’absence de "surprises", de moments décalés et/ou délirants - sauf entre les titres, où Julien Doré manie un humour à la fois absurde et poétique, à la Edouard Baer - pour laisser place à la seule musique, aux chansons, interprétées magnifiquement, qui ici révèlent leur vraie valeur : superbes "Acacia" et "Pudding morphina", très belle version, assez différente de celle de l’album, de "Piano lys". Même "Les limites", que Julien Doré présente comme un morceau écrit en trois minutes dans l’après-midi, gagne en profondeur. Et puis Julien sort enfin son fameux ukulélé, pour un seul titre, mais quel titre : une reprise de "La dolce vita" de Christophe, dénudée et renversante d’émotion ; et l’on ne peut alors que se dire que quelqu’un capable d’une telle magie est un grand interprète - et non, comme certains cherchent à nous le faire croire, un OGM (Objet Grossi par les Médias).

Gilles Ferté

vendredi 4 juillet 2008


Interview du 27/07/08 :

Julien Doré

Chanteur pas toc

Il est 20 heures et Julien Doré va commencer son concert orléanais dans moins de deux heures. Pourtant, et malgré la floppée d’interviews qui a précédé sa première prestation scénique depuis la sortie de l’album "Ersatz", il se révèle disponible, affable, à des années-lumières des rumeurs circulant sur son compte comme quoi il aurait attrapé le melon. Où derrière l’image de vainqueur de la "Nouvelle Star", on découvre un véritable artiste.


par Gilles Ferté

M la Music : Tu fais deux concerts seulement à Orléans puis à Paris : pourquoi ces deux concerts, as-tu été sollicité par des festivals ?

Julien Doré : L’album vient de sortir, on vient juste de bosser en studio quelques morceaux, c’est juste l’idée de faire un showcase, généralement après la sortie d’un album. Pour l’instant on n’a pas suffisamment travaillé pour faire un concert, quel qu’il soit, c’était juste l’idée de faire deux showcases, et d’en faire un en province aussi, avant celui de Paris. C’est pour ça qu’on est arrivé sur ces deux dates, l’Astrolabe à Orléans et le Café de la Danse à Paris, assez vite.

MLM : Beaucoup de gens s’attendent à être surpris par tes concerts mais ils ne savent pas de quelle manière, c’était à peu près la même chose avant la sortie de l’album ; ce "pouvoir d’être imprévisible", est-ce quelque chose qui est volontaire ?

JD : Non, je ne cultive rien du tout, j’ai juste envie de continuer à faire ce que je veux, parce qu’aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir faire ça tous les jours. Maintenant, je ne me mets pas plus de pression, ou je ne suis pas en train de transformer ça en effet de style. Je ne vais pas me poser trop de problèmes de ce que je peux susciter chez les gens, que ce soit du bon ou du mauvais ; je pense que si on commence à se poser ce problème, ou si on essaie d’être conscient de ce qu’on provoque, généralement on le paie un bon moment.

MLM : Avant l’album, en avais-tu une idée très claire, ou c’est venu au fur et à mesure, de façon intuitive ?

JD : En fait il y avait des morceaux que j’avais écrits pour moi, seul : je savais déjà que j’avais envie de produire ces titres-là. Ensuite dans les collaborations que je voulais associer au projet, je savais que dans le son on irait dans une famille artistique similaire. Donc ça a pris naissance dans ma tête assez vite, dès lors que j’ai recommencé à réfléchir ou à maquetter mes compos perso.

MLM : Si tu as demandé à certaines personnes de composer d’autres titres, était-ce pour apporter plus de variété ?

JD : Non, en tout cas pour ceux qui sont restés sur l’album, c’étaient de vraies envies. Je n’ai pas de problèmes avec le fait d’écrire, j’aurais très bien pu faire l’album tout seul. Je n’ai pas de problèmes non plus avec la critique, qu’on aime ou qu’on n’aime pas mon album, je n’ai pas de souci avec ça, dans le sens où il y a une vraie partie de moi, intime, que je défends ; après je comprends très bien qu’on puisse trouver ça à chier, ou génial. Je ne me suis pas entouré de personnes en me disant, si tu t’entoures de telle ou telle personne, ça peut susciter par exemple un morceau qui peut être un tube, ou ça peut plaire à telle ou telle personne. Non, je l’ai fait pour moi ; faire un disque, c’est égoïste, c’est pour soi, c’est faire de la musique pour soi avant tout ; et le premier album, c’est quelque chose d’hyper-important, c’est aussi pour mon histoire personnelle. Donc Christophe, Arno, c’étaient des rêves, plus que des collaborations calculées ou stratégiques.

MLM : Il y a un nom que je m’attendais à voir sur ton album, c’est David Bartholomé (Sharko). Est-ce qu’il n’a pas pu ou…

JD : En fait David m’avait proposé des maquettes qu’il avait fait pour peut-être mon album. Il se trouve que ça n’a rien donné pour l’instant, mais c’est vraiment quelqu’un avec qui j’aimerais travailler pour la suite, ça peut être pour un album, sur scène, j’en sais rien… j’ai aussi bossé avec Miossec... il y a des gens comme ça, comme Biolay, avec qui j’aimerais vraiment travailler. Tout ça c’est une histoire de rencontre au bon moment… Il se trouve que quand David m’a présenté les maquettes, on était déjà quasiment à la totalité de l’album, moi je n’arrêtais pas d’écrire des titres, donc j’avais vraiment envie d’aller au bout de la production de certaines de mes titres ; voilà il se trouve que je n’ai pas pu prendre plus de collaborations.

MLM : En écoutant l’album dans son entier, ce que je constate c’est qu’il y a deux types de chansons, des chansons plus sombres et d’autres "plus légères" ; mais ce qui surprenant c’est que sur la première moitié de l’album il y a surtout des chansons calmes, assez sombres, c’est presque à l’encontre d’une démarche commerciale ?

JD : Oui, c’est vrai. C’est comme si je m’étais dit que pour un projet unique, et pour le premier projet, je n’avais pas envie de faire un son identique sur toutes les pistes, j’avais vraiment envie de voyager et de me balader dans plein de possibilités ; je pense que c’est ce qui manque justement à la musique - je ne dis pas que je l’apporte mais je dis qu’en tout cas j’ai essayé d’y réfléchir - c’est en tout cas de ne pas proposer dix titres identiques, uniquement pour faire plaisir à une famille de sons, mais essayer de me balader dans plein de pistes possibles. C’est vrai que c’était une des mes volontés, donc ça va des collaborations avec David Scrima, où il y a une sorte de légèreté mais en même temps un côté très sixties, très Gainsbourg ou Dutronc, et puis des collaborations avec Cocoon dans une folk un peu plus intime, et qui vient rejoindre mes morceaux un peu plus chanson française, proches de gens comme j’ai cité, comme Darc, Biolay…

MLM : Quand tu écris les paroles, est-ce avant la musique, après ?

JD : Non, j’écris tout en même temps en fait, paroles et musique en même temps, en tout cas pour les titres de l’album, et même en ce moment. Généralement c’est vrai que les parties musicales viennent peut-être un peu plus rapidement que les mots, mais en tout cas c’est au même moment, les deux couches évoluent de manière identique.

MLM : J’avais lu dans une interview que tu avais dit : "L’idée du single me fait chier". Justement, y aura-t-il un deuxième single tout de même ?

JD : Oui, c’est évident. Quand on a la chance qu’un de ses titres passe en radio, on est quand même juste heureux. Ce que je voulais dire par là, c’est que le fait de devoir faire exister absolument un titre, de ne devoir jouer que celui-ci, c’est quelque chose que ne me plaît pas forcément. C’est pour ça que j’essaie aussi de jouer en promo d’autres titres de l’album. Donc oui, il y aura un deuxième single, évidemment, j’espère.

MLM : Dans ce cas-là, tu prendras aussi un titre très court, par exemple "Dans tes rêves" ?

JD : Non, non, faut pas déconner. Je pense qu’après "Les limites", il faut aussi que je montre ce qui est le cœur de l’album, ce que j’ai voulu protéger. Si j’ai choisi "Les limites" en premier, c’est parce que l’album n’était pas sorti, et du coup je savais que j’étais attendu au tournant, que tout le monde - enfin je parle des critiques – allait vouloir savoir ce qu’était l’album, ce qui était au cœur de l’album, et je me disais qu’en envoyant "Les limites" en premier single je ne donnais aucune piste… D’abord j’aime beaucoup le titre, mais j’avais le sentiment d’un titre qui était un peu "inattrapable", et qui du coup protégeait mes morceaux que je souhaitais protéger un peu plus.

MLM : Tu cosignes la pochette de l’album, tu as tourné aussi les clips, est-ce que c’est une volonté d’avoir un contrôle artistique ?

JD : Non, je n’ai pas envie de regretter une seule piste artistique que je n’aurais pas investi ; et je ne supporte pas aujourd’hui d’entendre gueuler contre les téléchargements, quand on produit des objets de merde… Donc je me suis dit, si je veux donner envie aux gens d’acheter l’objet, de le collectionner, de le toucher, de le posséder, il fallait que j’aille au bout de ce que j’avais envie, c’est-à-dire un bel objet ; et pareil pour le clip : si c’était pour faire un cut sur ma gueule, à la seconde, constamment… C’était pas pour reproduire mécaniquement pour l’industrie tout ce que je déteste, alors que j’avais la possibilité de le faire moi et avec mes potes ; donc c’est pour ça que je me suis entouré de Guillaume et Jay, qui sont mes deux potes avec qui j’ai fait la pochette et qui étaient là sur le clip.

MLM : Quand tu es allé au début à la Nouvelle Star, c’était vraiment pour le fun ou tu pensais quand même faire un…

JD : Non, au début, le casting, c’était vraiment… Déjà, au-delà du fun, je pensais ne pas les intéresser vraiment ; parce que je me suis dit que le morceau que je voulais jouer à l’ukulélé, ça va peut-être les faire rire, mais pas les intéresser, ils vont jamais se dire, il y a peut-être… Quand ils m’ont envoyé des billets pour aller à Paris, moi j’étais ravi, ravi de me balader… Voilà, je préférais passer deux journées en casting, où c’était cool, je rencontrais des gens et je m’amusais, plutôt que d’être chez moi à me faire chier. Quand j’ai été pris pour l’émission, là ça a un peu tourné : j’avais toujours mes a priori sur la télévision, mais il fallait que je fasse attention, essayer de me protéger… Et voilà, ça s’est passé plutôt bien, parce que j’ai commencé à prendre vraiment du plaisir sur scène, en fait.

MLM : Tu aimes beaucoup les reprises, on l’a vu à la Nouvelle Star mais aussi avec les Jean D’Ormesson, quelque part n’est-ce pas lié à une démarche artistique plus globale, que tu aurais développé dès les Beaux-Arts ?

JD : Oui bien sûr. C’est lié aussi au titre "Ersatz", tout ça c’est un peu le même truc. Mais ce n’est pas moi qui ai inventé ça, ça s’appelle le post-modernisme, c’est global, c’est être étouffé par des références et au lieu de vouloir produire l’œuvre unique, on récupère les codes de ces mêmes références pour produire à nouveau. Il se trouve que ça ça m’amuse, mais ça fait appel souvent au second degré, parce que c’est déplacé dans un autre contexte. Et au-delà des reprises, j’ai envie d’un vrai premier degré, d’une vraie intimité dans la musique, d’un vrai rapport simple aux choses ; donc ça ne pouvait pas n’être que des reprises, ou que des reprises détournées.

MLM : Est-ce que tu as des demandes de collaborations dans l’autre sens, c’est-à-dire des gens qui aimeraient bien que tu participes à leur album ; et dans ce cas quels sont tes critères de choix, les mêmes que…

JD : Non, je ne sais pas, ça dépend toujours du projet. En ce moment je suis en train de faire d’autres trucs, ça m’intéresse évidemment. Je fais la BO pour Judith Godrèche, pour son film qui sera tourné cet été ; ça m’amuse d’écrire des chansons pour quelqu’un qui les chantera à ma place, ou d’intervenir sur un autre album, ça me plaît vraiment. Je n’ai pas de critères, en fait ça dépend toujours du projet, ou de la personne tout simplement. Je ne suis pas en train de me dire qu’il faut absolument que j’aille dans tel domaine pour plaire à tel ou tel…

MLM : Justement, pour une personne en particulier, tu dis que c’est ton amie sur "Dans tes rêves", Carla Bruni : tu aurais accepter de…

JD : De chanter avec Carla Bruni ? Ouais, ouais, je pense… Je trouve que c’est bien, Carla Bruni, non ? (il constate ma mine peu enthousiaste) Enfin, je ne sais pas pour l’album qui sort, mais le précédent, je le trouve très bien. Si elle m’appelait pour bosser avec elle, je le ferais sans doute.

MLM : Apparemment tu vas faire une tournée avec les Dig Up Elvis, tu arrives à continuer tes autres projets musicaux ?

JD : En fait ce qui est cool c’est mon tourneur, Auguri, s’occupe aussi de Dig Up Elvis. Là on n’a pas joué depuis décembre, donc on va vraiment se remettre à bosser, d’abord en studio pendant quelque temps ; et ça sera en parallèle de ma tournée solo, où il y aura des dates des Dig Up calées comme ça, en première partie de groupes. Et même au-delà de réussir à faire les deux, c’est surtout un besoin que j’ai, pour créer un équilibre. Je m’entends super bien avec les musiciens avec qui je joue, mais c’est vrai qu’avec mes potes aussi c’est autre chose. J’ai vraiment besoin de ça pour tout. En plus j’ai continué d’écrire des morceaux pour le groupe récemment… Donc ouais, c’est toujours dans ma tête, c’est toujours actif vraiment ; et puis mes potes comptent sur moi, on a toujours envie de jouer, donc il n’y a pas de raison que ça s’arrête.

MLM : Tu connais beaucoup l’exercice de la promo, que ce soit ici ou ailleurs, est-ce quelque chose que tu trouves drôle ou ça te gave ?

JD : Non, non, je prends ça comme une part de liberté. On me propose de m’exprimer sur mon projet, faudrait vraiment que je sois con pour en plus dire que ça me fait chier. Il n’y a rien qui ne me débecte plus que de voir à la téloche ou dans des interviews des mecs jouer les artistes maudits en montrant délibérément que ça les fait chier qu’on leur pose des questions sur leur activité, ou sur leur talent, ou sur ce qu’ils produisent. Je trouve ça honteux. Moi j’en ai chié pendant cinq ans aux Beaux-Arts pour qu’on me demande mon avis sur ma production artistique, c’est certainement pas aujourd’hui où j’ai la chance de pouvoir le faire, que je vais me priver de ça ; c’est-à-dire que là, en parlant de mon album, je parle en gros de ma production artistique aussi, en quelque sorte de mes potes des Beaux-Arts, de ma famille artistique, donc je ne compte pas en plus dire que ça me fait chier. Même si c’est vrai que je dois répéter des choses qui sont normales, la manière dont a été fait l’album, ou la manière dont les choses se sont faites. Ca me fait toujours du bien, ça me fait plaisir, évidemment.

MLM : Un mot sur ton choix de petites salles pour ta tournée : est-ce que tu ne crains pas, même si je comprends ton choix, que ça provoque une frustration pour le public, parce que là les dates se sont remplies en très peu de temps, et déjà l’Elysée-Montmartre en décembre est complet ?

JD : Mais non, c’est le sens inverse des choses : les groupes que je vais voir c’est dans ces salles-là. Je ne vois pas pourquoi je ferais des Zénith au tout début, alors que ma famille artistique et les gens que je vais voir en concert, c’est dans des salles de ce type-là. Je ne vois pas pourquoi je ferais les choses à l’envers, ça serait absurde, ça serait me donner un habit que je n’ai pas, et c’est pas pour autant que l’habit est plus classieux. Si un jour je joue au Zénith de Montpellier, je serai ravi, parce que je suis passé devant plein de fois, mais en fait je m’en fous un peu. Je trouve que c’est un cheminement inverse en fait. Moi je partais de chez moi et je rentrais dans une salle dont j’avais fait le choix d’être un des membres du public, je trouve que c’est le phénomène inverse, de se retrouver dans ces mêmes salles ou de faire partie dans une année d’une programmation de groupes qui sont le type de groupes que j’écoute. En tout cas j’ai l’impression inconsciemment que c’est rassurant pour moi, j’ai l’impression d’être plus en rapport avec ce que je suis. Mais je ne fuis rien par contre, c’est-à-dire que si demain, enfin dans quelques mois, il y a cent cinquante Zénith qui sont prévus dans le monde, et que je gagne énormément de blé en faisant des centaines de concerts partout, je les ferai, si je dois faire le Stade de France dans cinq ans, je le ferai, si Johnny m’invite à chanter avec lui au Stade de France, j’irai. Ce n’est pas de l’élitisme via une pseudo-undergroundisation de mon disque, je m’en fous ça.

MLM : Tu ne veux pas te fermer de possibilités …

JD : Si elles s’ouvrent et si elles viennent, c’est qu’elles sont légitimes. Je veux dire que je ne veux pas rendre underground ma démarche, je m’en branle. Je veux juste être là où je suis bien, et il se trouve que c’est souvent dans ce type de concerts, dans ce type de salles que j’ai pris du plaisir, donc j’essaie de faire comme ça en tout cas.

MLM : Quel serait le compliment musical qui te ferait le plus plaisir ?

JD : Peut-être qu’on note une partie de ma ligne de conduite, des choses que je m’impose à moi-même, pour le son, pour une existence qui n’est pas celle qui saute aux yeux via ce qui est censé passer le message, c’est-à-dire la presse. Je pense que ça éviterait pas mal de choses, peut-être que du coup il n’y aurait plus de regard, plus de lumière sur le projet. Mais j’aimerais en tout cas que pour le projet, à partir du moment où il existe sur scène, et pour l’album à partir du moment où il est matérialisé, où il est indépendant de ma personne en tant que personne médiatisée, j’aimerais qu’on note qu’il y a la possibilité de laisser de la liberté à l’objet et à la scène, et que cette liberté qu’on leur donne peut peut-être donner des choses intéressantes, qui ne doivent pas être constamment rattachées à Julien Doré qui se tape Louise Bourgoin, ou Julien Doré qui va se marier avec Louise Bourgoin, ou Julien Doré qui a dit que tel mec était un con. Ca j’aimerais bien, parce que ça me ferait vraiment du bien, je pense. Mais je fais un appel à rien du tout, je m’en fous, ça je le prends sur scène moi, et on ne peut pas me le voler, je pense que c’est aussi une forme de plaisir auquel j’accède enfin, parce qu’il me manque maintenant depuis pas mal de mois, parce que je le vivais en studio pendant la conception de l’album, pendant l’écriture, que moi je le percevais, mais vu que j’étais dans un trou pour travailler, la couche visible était toujours la même, toujours identique. Mais voilà, en même temps je choisis d’arriver par une émission de télé qui s’appelle Nouvelle Star, je fais le choix, personne ne m’a mis un flingue sur la tempe, c’est moi qui ai bougé mon petit cul sur scène, j’avais vraiment envie de vivre ça. Donc il faut du temps, il faut du travail, et il faut surtout que je continue à m’imposer une manière de fonctionner comme celle-ci ; et je pense que peut-être un jour on ne verra que cette partie-là, j’espère. C’est un long compliment, en fait (rires).

MLM : Je pense qu’il y en a déjà qui le voient…

JD : Oui, oui, il y a certaines personnes qui notent cette partie-là…

MLM : Moi par exemple que ce n’est pas par la Nouvelle Star que je t’ai découvert, mais en allant l’an dernier sur le site de Sharko, c’est là où j’ai vu ta reprise d’"Excellent" ; j’avais juste un peu entendu parler de tes prestations à la Nouvelle Star, mais quand j’ai vu ça je me suis dit : excellent, en effet.

JD : Oui, c’était marrant de jouer "Excellent" dans ce contexte-là (premier casting de la Nouvelle Star). Mais même pour moi, c’est bizarre d’avoir été pris par l’émission, et en même temps d’y avoir pris beaucoup de plaisir - parce que c’était génial quoi. Moi-même je me suis étonné, et je me suis dit après tout, dans la société dans laquelle on vit aujourd’hui, il n’y a plus de manière de rendre codées les choses, il n’y a plus de couches qu’il faut absolument atteindre, ou il n’y a plus de couches qu’il faut absolument fuir. Aujourd’hui, Tellier, il est chez Cauet ; c’est lamentable, mais il est chez Cauet. Gonzales, il est chez Fogiel. Qu’on ne vienne pas me dire que je n’ai pas le droit de faire la Nouvelle Star et en plus de m’y amuser. Parce qu’en plus je le fais sans aigreur. Ce qui n’est pas le cas de Gonzales.

Gilles Ferté

dimanche 27 juillet 2008

Un énorme merci à L’Astrolabe et à Alex pour leur aide.

Source : http://www.m-la-music.net

Merci à Lorelei et Monjud, forum crazy-julien
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MessagePosté le: Lun 28 Juil - 10:26 (2008)    Sujet du message: Publicité

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luna33


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MessagePosté le: Lun 28 Juil - 12:09 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

Droo a écrit:
 sauf entre les titres, où Julien Doré manie un humour à la fois absurde et poétique, à la Edouard Baer

j'aime edouard Baer.


EN EFFET, c'est interessant.
merci moi. 
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lilou
Modérateur

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MessagePosté le: Mar 29 Juil - 17:21 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

je l'aime bien ce Doré là, celui qui est réfléchi, qui donne du sens à ce qu'il fait même si parfois je suis à moitié convaincue par les arguments. J'aime sa conception de la petite salle, de faire les choses step by step, par contre je suis assez dubitative concernant l'avenir des DUE parce que finalement une année s'est écoulée et rien de neuf pour eux depuis les quelques dates de concert de cet hiver. Les projets Julien Doré avancent tellement plus vite que les projets DUE: cela ne va t il pas être compliqué à gérer pour certains membres du groupe ??
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Barjo


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Localisation: là ou le trou ne doit pas être bouché

MessagePosté le: Mar 29 Juil - 19:32 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

lilou a écrit:
je l'aime bien ce Doré là, celui qui est réfléchi, qui donne du sens à ce qu'il fait même si parfois je suis à moitié convaincue par les arguments. J'aime sa conception de la petite salle, de faire les choses step by step, par contre je suis assez dubitative concernant l'avenir des DUE parce que finalement une année s'est écoulée et rien de neuf pour eux depuis les quelques dates de concert de cet hiver. Les projets Julien Doré avancent tellement plus vite que les projets DUE: cela ne va t il pas être compliqué à gérer pour certains membres du groupe ??


Assez en accord avec tes dire (mydear) la green, je le préfère nature sans apparat même maladroit...idem pour sa démarche des petites salles (s'y tiendra t'il ?!!) après pour ce qui est des DUE y a la petite qu'à mis bas ( Mr. Green )déjà ce qui est pas du fait du Doré...après ca me parait difficile de mener les deux de front même si j'avoue regréter le Son des DUE celui qui m'a fait regarder au delà des casting...1 an c'est pas énorme non plus s'il a continué à composer et qu'ils ont toujours des envies communes why not j'ai envie de te dire...A suivre
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rodéo


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MessagePosté le: Mer 30 Juil - 16:09 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

...perso, je vois les DUE mal partis: chacun leur vie, pas le même enjeu, pas d'avance ...non plus; dommage: peut-être auraient-ils pu s'imposer en première partie mais peu conciliable avec la carrière solo; voilà, voilou.... Crying or Very sad
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**Julien Doré en live, c'est sismique!**

"Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."(Albert Einstein)
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Barjo


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MessagePosté le: Mer 30 Juil - 17:36 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

...perso (oui je copie) attendons même si effectivement je pense que le Doré s'y plait bien dans sa peau solo même s'il aime ses pôtes même s'il compose encore même si....sa démarche musicale est très différente de celle avec les DUE... sur le papier ca le fait dans la réalité ca me parait compromis...maintenant c'est un vrai regret pour Barjo au risque de me répéter ... Crying or Very sad (oui bein j'ai dis je copie)
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canezza


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MessagePosté le: Sam 2 Aoû - 22:52 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

Moi tout ce qu'il dit je suis d'accord avec lui. ce type est un génie. Je tiens à dire que je ne suis pas une groupie (je ne suis ni de sexe féminin ni homosexuel).
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laura'sté


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MessagePosté le: Sam 2 Aoû - 23:29 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

canezza a écrit:
Je tiens à dire que je ne suis pas une groupie (je ne suis ni de sexe féminin ni homosexuel).


Ça c'est à inscrire dans les annales du forum.
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luna33


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MessagePosté le: Dim 3 Aoû - 00:36 (2008)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008 Répondre en citant

canezza a écrit:
Je suis pas une groupie (je ne suis ni de sexe féminin ni homosexuel).

merde jcumule tout.


:YMCA:
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:11 (2016)    Sujet du message: M-la-Musique.net des 4 et 27 Juillet 2008

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